Soixante affirmations, deux réponses possibles. Au bout, six scores sur dix qui disent la place que prend chaque état du moi dans la façon dont vous vous décrivez — le Parent qui protège, celui qui cadre, l'Adulte qui analyse, et les trois visages de l'Enfant.
Répondez vite, sans peser chaque mot : c'est la première réaction qui est juste. Il n'y a pas de bonne réponse, et aucun profil ne vaut mieux qu'un autre.
Pour chacune, dites si elle est plutôt vraie ou plutôt fausse vous concernant. Vos réponses restent sur cet appareil : elles ne partent nulle part et rien n'est enregistré ailleurs.
Chaque barre est un score sur dix. Elle ne mesure pas une qualité : elle mesure la place qu'occupe cet état du moi dans votre manière habituelle de fonctionner.
Les fiches sont rangées de votre score le plus haut au plus bas. Celui ou ceux qui arrivent en tête sont encadrés.
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Un Parent Normatif à 8 n'est ni meilleur ni pire qu'un Enfant Spontané à 8. Chaque état sert à quelque chose : le premier tient un cadre, le second garde la vie. Ce qui compte, ce n'est pas le classement — c'est la souplesse : la capacité à mobiliser l'état que la situation demande.
Il indique un état peu sollicité, pas un état absent. Il devient intéressant quand il gêne : un Enfant Spontané très bas chez quelqu'un qui se plaint de ne plus rien avoir envie, un Adulte bas chez quelqu'un qui décide sous le coup de l'émotion.
Le questionnaire enregistre la façon dont vous vous décrivez aujourd'hui. Un même test repassé après un changement de poste, de rôle ou de contexte familial donne souvent un autre relief. Les états du moi ne sont pas des cases : ce sont des répertoires qu'on habite plus ou moins.
L'analyse transactionnelle a été fondée par Eric Berne dans les années 1950. Sa force tient à ce qu'elle ne demande pas d'interpréter : elle observe ce qui se voit et s'entend — les mots, le ton, la posture.
Trois manières de penser, de ressentir et d'agir, qui s'activent tour à tour. Le Parent rejoue ce qui a été appris des figures d'autorité — il cadre ou il prend soin. L'Adulte traite l'information ici et maintenant. L'Enfant porte les émotions et la créativité, soit à l'état brut, soit dans la forme qu'il a fallu prendre pour être accepté.
Le Parent se dédouble en Normatif et Nourricier, l'Enfant en Spontané, Soumis et Rebelle. D'où les six mesures de ce test.
La croyance de fond sur sa propre valeur et celle des autres. Elle se forme tôt et filtre tout le reste.
Un échange, c'est un état du moi qui s'adresse à un autre. Quand l'état visé est celui qui répond, la transaction est parallèle et l'échange peut durer : une question de faits, une réponse de faits.
Quand la réponse vient d'ailleurs, elle est croisée et la communication casse net : « Où en est le dossier ? » — « Tu pourrais dire bonjour ! ». Reste la transaction à double fond, polie en surface et chargée en dessous : c'est toujours le message caché qui décide de la suite.
Berne les appelle des strokes. Ce sont les marques d'attention qu'on reçoit et qu'on donne : un bonjour, un remerciement, une critique, un regard.
Le constat qui dérange, et qui explique beaucoup de comportements : un signe négatif vaut mieux que pas de signe du tout. C'est pourquoi un Enfant Rebelle préférera un conflit à l'indifférence, et pourquoi ignorer quelqu'un fait plus de dégâts que le contredire.
Taibi Kahler et Hedges Capers les ont décrits dans le Transactional Analysis Journal en 1974 — travaux couronnés par le prix Eric Berne en 1977. Ce sont des injonctions apprises dans l'enfance, de la forme « tu comptes à condition que… ». Sous tension, elles s'enclenchent en quelques secondes, avant la réflexion, et font faire exactement l'inverse de ce que la situation demanderait.
Le questionnaire ne les mesure pas. Il mesure des états du moi. Cette section est là pour reconnaître ces messages quand ils s'activent — chez soi, chez les autres — pas pour être rapprochée de votre score. Aucune correspondance solide n'existe entre un état du moi et un message contraignant : les deux sources de ce test en proposaient d'ailleurs deux, incompatibles.
La valeur tient à l'absence de défaut. On soigne le détail au détriment de l'ensemble, on repousse pour être sûr, on relit une cinquième fois.
À l'oreille : des parenthèses, des reformulations, « en fait », « c'est-à-dire », des chiffres précis.
La permission : tu as le droit de te tromper.
Montrer un besoin, c'est faillir. On encaisse, on ne demande rien, on traite sa propre fatigue comme un détail d'intendance.
À l'oreille : « ça va », le « on » et le « ça » à la place du « je », une voix qui ne monte ni ne descend.
La permission : tu as le droit d'avoir des besoins et de les dire.
Ce qui vaut est ce qui coûte. On complique le simple, on lutte, on entame beaucoup et on achève peu — réussir sans peiner ne compte pas vraiment.
À l'oreille : « j'essaie », « je vais tenter », le soupir avant la phrase, le front qui se plisse.
La permission : tu as le droit de réussir simplement.
Le besoin de l'autre passe d'abord, toujours. On accepte pour ne pas décevoir, on devine des attentes qui n'ont pas été formulées, on découvre trop tard qu'on s'est oublié.
À l'oreille : des fins de phrase qui montent, « ça te va ? », des hochements de tête, un sourire qui ne quitte pas.
La permission : tu as le droit de te compter parmi les autres.
Le temps manque même quand il ne manque pas. On fait trois choses à la fois, on termine les phrases des autres, on part avant d'avoir fini d'écouter.
À l'oreille : le débit qui accélère, les interruptions, les doigts qui tapotent, « vite fait », « en deux mots ».
La permission : tu as le droit de prendre ton temps.